Parler en public sans stress : une fausse bonne idée

Vous rêvez de parler en public sans trac. De ne pas avoir le cœur qui bat si fort, le regard cloué au sol, la voix qui tremble. Le stress, croyez-vous, est votre ennemi. Et si ce n’était pas le cas ?

 

La peur de parler en public est une peur normale

John McEnroe.
Sept victoires en Grand Chelem, numéro un mondial de 1981 à 1984. Un homme arrivé au plus haut niveau du tennis, qui maîtrise le court comme personne. Un homme sans stress ? Pas tout à fait… « Le trac, disait McEnroe, est fondamentalement le même chez un champion et chez un débutant. La différence vient que le premier a appris à mieux le maîtriser que le second ».

Contrairement à une idée reçue, le stress n’est pas en soi l’ennemi de la réussite : ni de celle du tennisman, ni de celle de l’orateur. Le trac, au moment de parler en public, est tout à fait normal. Il exprime un besoin de reconnaissance et une peur du rejet qui n’ont rien de blâmable.

Le stress peut être un allié

Mieux encore, en prise de parole, le stress peut s’avérer un allié. Le stress dit « aigu », de courte durée, est stimulant. Il libère de l’adrénaline et alimente le cerveau et les muscles en oxygène et en nutriments. Il aiguise les sens et favorise l’attention. Le stress permet donc une « hypervigilance » qui peut aider l’orateur à être concentré sur le moment présent et, indirectement, favoriser la connexion avec l’auditoire.

A condition, bien sûr, de « doser » ce stress. En effet, s’il est trop intense, il diminue les capacités cérébrales ; s’il devient « chronique », c’est-à-dire répété, il est épuisant pour l’organisme.

Pour vaincre sa peur, il faut la comprendre

Il existe de nombreuses techniques pour « maîtriser » sa peur de parler en public. La préparation est évidemment un élément clef. Tout comme la relaxation mentale et physique, la relativisation des attentes ou encore le « décentrage ».

Mais tout commence avec la verbalisation : votre peur a un nom et un élément déclencheur qu’il est fondamental d’identifier. Freud parlait d’ « abréaction par le langage » : exprimer précisément son angoisse est primordial pour alléger la charge émotionnelle et ses manifestations physiques.

L’objectif pour l’orateur n’est donc pas tant d’éradiquer le stress que de l’apprivoiser. Lorsqu’il est canalisé, le trac peut devenir un ami qui nous challenge et nous pousse à donner le meilleur de nous-même. Dans le film Entrée des artistes, Louis Jouvet allait même plus loin, affirmant que le trac est « une manifestation de l’esprit critique, donc de l’intelligence ».

Alors on lui dit merci ?

Margaux LEFEBVRE, formatrice en communication orale, comédienne et consultante pour Pitch361. 04/06/2020

 

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Par: pitchcom

Date: 04 - 06 - 2020