ET SI VOUS METTIEZ DE L’HUMOUR DANS VOS PRISES DE PAROLE EN PUBLIC ?

06/12/2020
Lorsqu’il s’agit de conquérir un auditoire, il n’existe pas de meilleure arme que l’humour. À condition de ne pas vous tirer une balle dans le pied en ne faisant pas mouche lors de votre prise de parole en public. Voici donc quelques conseils pour éviter le bide.

Humour : point trop n’en faut

« Le rire est le chemin le plus direct entre deux personnes » disait Charlie Chaplin, maître en la matière s’il en est. Car il rend celui qui le déclenche forcément sympathique. Lorsque vous devez prendre la parole en public, l’humour est donc un allié précieux pour créer de la complicité avec votre auditoire. A condition, bien-sûr, que cette complicité soit authentique et non capillotractée. Bref, vous n’êtes a priori pas un humoriste. Votre objectif n’est donc pas de faire rire à tout prix. L’idéal est de manier l’humour avec parcimonie en n’étant pas hors-sujet quant à votre intervention.

Le sérieux… avant-tout

Dans les pièces sérieuses, il suffit, pour n’être point blâmé, de dire des choses qui soient de bon sens, et bien écrites: mais ce n’est pas assez dans les autres ; il y faut plaisanter ; et c’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens.

On doit ce bon mot à Molière et il est fort à propos. Car vous n’êtes pas là pour faire un one man (ou woman) show mais bien une intervention professionnelle. Préparez donc soigneusement votre discours sans vous préoccuper de l’effet. Une fois qu’il est abouti et que vous maîtrisez votre sujet, reprenez votre texte. Vous pouvez alors imaginer où y placer quelques touches d’humour. Et si rien ne s’y prête ou que vous ne le sentez pas, restez-en là.

De l’art du timing

Si vous avez opté pour l’option humour, en étant certain de ne pas diluer l’attention ou de perdre en crédibilité, la question se pose du moment le plus opportun pour placer un trait d’esprit. Le coup de génie, c’est bien-sûr de dérider son auditoire dès le début de votre intervention. Non pas d’entrée de jeu, mais trois à quatre minutes après avoir commencé à parler. Si vous réussissez à rapidement faire rire le public, c’est une clé pour le rendre plus réceptif et déverrouiller ses verrous émotionnels. Et dans la même logique, terminer son intervention sur un sourire, c’est l’assurance de laisser un dernier souvenir positif dans l’esprit de votre auditoire. Sachant que l’humour constitue un excellent moyen d’apprendre et de retenir, vous avez forcément marqué les esprits !

Humour : to do or not to do ?

La règle numéro 1, c’est de rester naturel et de ne pas forcer le trait. Ayez recours à l’auto-dérision, qui est peut-être la forme d’humour la plus facile à appliquer. Rire de vous-même vous rend en effet plus humain. Cela montre aussi que vous avez assez de recul pour encaisser les critiques et le regard des autres. Privilégiez les anecdotes qui vous concernent, ou qui concernent votre entreprise. Les blagues de comptoir ne sont pas les bienvenues. Et souvenez-vous que la qualité prévaut toujours sur la quantité. Enfin, évitez absolument les sujets clivants ou tabous en gardant bien à l’esprit ce précieux conseil de Pierre Desproges : « on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ».

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Journaliste, consultante pour Pitch361